Vous êtes

Sélectionner

Mieux traiter et valoriser les eaux usées

06/11/2018

Le secteur de l’épuration est régi par une réglementation exigeante qui évolue rapidement. Les usines de traitement de l’eau doivent s’y adapter et répondre à des enjeux industriels et environnementaux forts. Le programme de recherche MOCOPEE, initié par le SIAAP (Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne), Irstea et l’UTC (Université de Technologie de Compiègne), a pour objectif d’accompagner cette évolution en développant et déployant des outils innovants pour une exploitation optimisée et maitrisée des équipements urbains de traitement de l’eau des grandes collectivités. Alors que le programme est entré dans sa 2ème phase en 2018, un colloque de présentation des résultats de la phase 1 sera organisé le 4 décembre. Yannick Fayolle, chercheur Irstea au centre d’Antony nous en dit plus sur ce programme.

Quels sont les enjeux auxquels doit faire face le secteur de l’épuration ?

Le secteur de l’épuration est soumis à une réglementation exigeante qui a beaucoup évolué. Adoptée en 2000, la Directive Cadre sur l’Eau a eu pour effet un renforcement des exigences sur la qualité des eaux rendues au milieu naturel. En conséquence, de très gros efforts ont été fournis dans le secteur de l’épuration pour moderniser et optimiser les équipements d’assainissement. Plus récemment, la limitation de la consommation énergétique et la réduction de l’impact environnemental global des stations de traitement, est devenue un enjeu majeur, ainsi que la valorisation des eaux usées. Si traditionnellement le but des stations de traitement des eaux est de détruire les polluants, ces dernières se transforment peu à peu en usines de valorisation des eaux, capables de générer non seulement de l’eau de différente qualité, mais aussi de l’énergie et d’autres produits.

Quels sont les objectifs du programme MOCOPEE ?

Le programme MOCOPEE s’efforce de s’intégrer de manière transversale à toutes les problématiques citées précédemment pour répondre aux différents enjeux industriels et environnementaux : optimiser l’existant, progresser sur les questions relatives au vieillissement des ouvrages, et exploiter avec sobriété et performance tout en valorisant la matière et l’énergie. Pour atteindre ces objectifs, le programme se base sur de la recherche appliquée et accompagne l’innovation jusqu’au déploiement industriel. Il réunit une trentaine de partenaires (organismes de recherche, opérationnels et industriels).

Ce programme s’articule autour de 4 axes de recherche. Le premier se focalise sur la métrologie et le traitement du signal avec le développement de capteurs innovants qui permettent des mesures plus fiables, plus rapides, et de suivre de nouveaux paramètres. Le deuxième axe, sur la modélisation, propose des outils mathématiques pour simuler le fonctionnement des procédés industriels et aider à la gestion des stations. L’axe 3 se concentre principalement sur le vieillissement des installations, qui représente un coût élevé et nécessite des outils de contrôle et de gestion adaptés. Nous étudions les processus de dégradation des matériaux : membranes, bétons et métaux, et développons des outils de diagnostic et d’anticipation du vieillissement. Dans le cadre du quatrième axe, nous cherchons à développer des concepts innovants, liés notamment à la valorisation des ressources, afin d’accompagner l’évolution du rôle des filières de traitement. Le projet BioTuba par exemple, financé par l’ANR et que je coordonne, vise à utiliser des procédés électromicrobiens pour optimiser la consommation énergétique des STEP.

Quel est concrètement le rôle d’Irstea dans ce programme ?

Le programme MOCOPEE a débuté en 2014 par un rapprochement entre le SIAAP (Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne), Irstea et l’UTC (Université de Technologie de Compiègne). Il rassemble désormais une trentaine de partenaires, principalement académiques mais également quelques PME.

Au sein du comité de pilotage et de coordination, Irstea participe à la prise de décision sur les actions du programme à mener et à leur suivi. Nous sommes également présents et actifs dans les autres instances du programme (comité exécutif qui gère plus la partie administrative et la communication et le comité scientifique d’orientation stratégique qui se réuni tous les ans).

Notre expertise scientifique et technologique est également un vrai atout pour le programme. Nous avons produit de nombreux résultats sur les axes métrologie et modélisation, notamment sur le sujet de la mesure et la modélisation des émissions de protoxyde d’azote (en lien avec projet N2OTRACK, coordonné par l’INSA de Toulouse et financé par l’ANR), nous sommes fortement impliqués dans les projets relatifs à l’optimisation de la gestion des procédés membranaires ainsi que sur la valorisation des ressources.

Fiche d’identité du projet MOCOPEE
  • Nom : MOCOPEE - Modélisation Contrôle et Optimisation des Procédées d’Epuration des Eaux
  • Partenaires : SIAAP (Service Public de l’Assainissement Francilien), Irstea et UTC (Université de Technologie de Compiègne), ainsi que des organismes de recherche, des acteurs opérationnels de l’eau et partenaires industriels
  • Dates : 2014- 2017 (Phase I) et 2018 – 2022 (Phase II)

 

En savoir plus