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Un camp d’été international pour promouvoir la gestion participative des cours d’eau

© Pro Terra Engadina

28/06/2018

Du 7 au 14 juillet, une vingtaine de jeunes de 12 nationalités participent à un camp d’été pour le moins original. Organisé dans le cadre du projet européen SPARE dédié à la planification stratégique des écosystèmes des rivières alpines, cet évènement vise à faire des participants, futurs acteurs de la gestion de l’eau, des ambassadeurs d’une gestion réellement partagée et pérenne des cours d’eau.

« Les rivières, lignes de vie du développement durable des Alpes ». C’est sur ce postulat que repose le projet de planification stratégique des écosystèmes des rivières alpines (SPARE)1, notamment porté par les équipes d'Irstea Grenoble et Montpellier. Son but : mieux articuler les besoins humains avec la protection des écosystèmes aquatiques, en renforçant la prise de conscience des services fournis par les rivières, mais aussi de leurs vulnérabilités. Associant cinq pays alpins (France, Slovénie, Italie, Autriche, Suisse), le projet ambitionne de montrer comment les stratégies de protection et de gestion des rivières peuvent être améliorées en dépassant les clivages disciplinaires et les frontières administratives.

Experts des méthodes participatives adaptées à la gestion et à la gouvernance de l’eau, les scientifiques de l’unité G-EAU de Montpellier ont spécifiquement coordonné cet important volet d’actions du projet. « Les neufs partenaires impliqués avaient la volonté commune de mettre en œuvre un processus participatif pour la planification stratégique de leur rivière. Notre rôle a été de les accompagner dans cette démarche », explique Mélaine Aucante, spécialiste en ingénierie de la participation et de la décision, au sein de l’unité G-EAU. Une démarche qui s’est traduite par des dispositifs distincts selon les pays. Dans le cas de la France, où le projet a porté sur la rivière Drôme, un processus pilote mis en place en lien avec le Syndicat mixte de la rivière Drôme a mobilisé un groupe de citoyens dans le but de faire émerger des propositions d’actions à soumettre lors de la révision du Schéma d’aménagement de gestion des eaux (SAGE)2.

La participation citoyenne, comme une voie de changement profond et durable

Convaincus de l’intérêt d’améliorer le lien entre citoyens et décideurs pour garantir une gestion équilibrée et durable de l’eau, les partenaires ont voulu voir plus loin : proposer à des jeunes, qui compteront parmi les futurs acteurs de la gestion de l’eau, de s’approprier cet outil précieux que constitue la participation citoyenne. C’est dans ce but que la fondation suisse Pro Terra Engadina et Irstea organisent, du 7 au 14 juillet, un camp dédié à la gestion participative des cours d’eau, ouvert à des jeunes de 18 à 28 ans.

« À Irstea, nous concevons la participation citoyenne non pas comme une simple succession d’événements ponctuels, mais comme une perspective de changement profond et durable de la société, et une manière de rétablir la confiance entre les citoyens et les décideurs politiques. C’est une démarche qui s’inscrit dans la durée, d’où l’importance, à nos yeux, de travailler avec la future génération d’acteurs de la gestion de l’eau », précise Mélaine Aucante.

Des outils made in Irstea appliqués aux cas d’étude concrets des participants

Une semaine durant, les participants vont pouvoir s’approprier les outils et les méthodes développés à Irstea, en les testant sur leurs propres cas d’études. Au travers d’ateliers pratiques, ils seront ainsi invités à :

  • élaborer un plan de mise en œuvre de la participation ;
  • établir un diagnostic partagé et simuler divers scénarios pour le futur (tester les effets de différents cadres réglementaires par exemple). Pour cela, ils s’appuieront sur le kit méthodologique My River Kit3 pour concevoir un jeu de rôle adapté à leur cas d’étude, et qui leur permettra d’analyser les impacts des activités humaines utilisant l’eau (agriculture, tourisme…) sur les services écosystémiques de leur rivière.
  • proposer des actions pour améliorer la gestion future de leur rivière et établir une stratégie d’actions. Pour cela, ils utiliseront la méthode de planification participative Cooplan ;
  • intégrer les moyens d’évaluer le processus participatif dès le début de la démarche, pour permettre de la réadapter au fur et à mesure de son avancée.

« Par leur situation actuelle – étudiants en Master ou doctorants (gestion de l’eau, agronomie, sciences sociales…), jeunes professionnels en poste dans des structures de gestion de rivière ou des bureaux d’étude, membres actifs d’associations à caractère environnemental –, ces jeunes qui seront formés à nos méthodes pourront par la suite les mobiliser pour développer eux-mêmes des processus participatifs », commente Mélaine Aucante. À l’issue du camp, les travaux réalisés viendront aussi alimenter la plateforme du projet SPARE qui permettra de mutualiser les outils et les témoignages, et de les rendre disponible à toute personne (usager, décideur, gestionnaire, professionnel…) intéressée par la démarche.

En savoir plus


1-Le projet SPARE ou Strategic planning for Alpine River Ecosystems (décembre 2015 - décembre 2018) est cofinancé par le Fond Européen de Développement Régional via le programme Interreg Espace Alpin.
2- Dispositif de planification locale, institué en France par la loi sur l'eau de 1992.
3- My River Kit  est une déclinaison orientée sur le concept de services écosystémiques du kit méthodologique Wat-A-Game qui permet de construire des jeux de rôle autour de la gestion et de la gouvernance de l'eau.