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Biodiversité aquatique : l’esturgeon européen face à de nouveaux défis

Publié le 09/10/2014

L’esturgeon européen (Acipenser sturio) est un grand poisson migrateur, ayant progressivement disparu des rivières d’Europe de l’ouest au XXe siècle. Face à ce constat, les chercheurs d’Irstea ont développé des recherches de pointe pour assurer la sauvegarde de l’espèce et comprendre son comportement, et ainsi pérenniser sa réintroduction dans le contexte du changement climatique. Focus sur les derniers résultats.

Emblématique des grands bassins européens comme la Gironde ou encore l’Elbe, l’esturgeon européen amphihalin a besoin de se déplacer entre les eaux salées et les eaux douces pour effectuer son cycle biologique. Tout comme le saumon ou l’anguille, cette espèce constitue l’un des symboles forts de la diversité biologique des milieux aquatiques.

Cependant, le développement industriel, aménageant et équipant fleuves et estuaires, puis au XXe siècle, l’intensification de sa pêche, notamment pour la fabrication de caviar, ont entraîné sa quasi-disparition.

À cela se sont ajoutés d’autres facteurs aggravants comme la dégradation de la qualité des eaux, la destruction des frayères par les extractions de granulats, la création d’obstacles au déplacement de ce grand migrateur, qui se reproduit en fleuve et fait sa croissance en estuaire, puis en mer. Dans les années 1980, il ne subsistait plus qu’une seule population mondiale d’esturgeon européen, issue du bassin de la Gironde-Garonne-Dordogne.

Malgré la protection réglementaire dont elle fait l’objet depuis 1982 en France, puis depuis 1998 à l’échelle européenne, cette communauté n’a cessé de régresser et a bien failli s’éteindre définitivement dans les années 2000.

Le cycle biologique de l'esturgeon européen © Irstea-Graphies  3824

Depuis 1975, Irstea et sa station expérimentale de St-Seurin-sur-l’Isle, véritable structure d’appui pour les recherches sur le fonctionnement et la restauration des populations de poissons migrateurs amphihalins, travaille à la sauvegarde de l’esturgeon européen

Ainsi, parmi les plus grandes réussites de ces 30 dernières années, on compte la maîtrise de la reproduction artificielle à partir de : 

  • géniteurs sauvages,
  • et de spécimens élevés dans la station.

Ces avancées ont permis de procéder à des lâchers de jeunes esturgeons européens dans le milieu naturel, opération contribuant à la fois au repeuplement des fleuves d’Europe de l’Ouest et au progrès des connaissances scientifiques sur l’espèce grâce à un suivi des spécimens relâchés.

Aujourd’hui, où en est la recherche ? Quels défis restent à relever pour les chercheurs ?

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